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Anticiper la transmission patrimoniale grâce au démembrement de propriété

Publié le : 08/04/2026 08 avril avr. 04 2026

Transmettre un actif tout en en conservant l’usage constitue une stratégie fréquemment envisagée en droit patrimonial. Le démembrement de propriété offre à cet égard un cadre juridique adapté, permettant d’organiser la transmission anticipée d’un bien sans renoncer immédiatement à sa jouissance ou aux revenus qu’il procure.

Fondements juridiques du démembrement de propriété

Le droit de propriété peut être dissocié entre usufruit et nue-propriété. L’usufruit confère à son titulaire le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les fruits, tels que des loyers. Le nu-propriétaire dispose quant à lui du droit de disposer du bien, sans en avoir la jouissance tant que l’usufruit subsiste. Dans une donation avec réserve d’usufruit, les parents transmettent la nue-propriété à leurs enfants tout en conservant l’usufruit. Au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue de plein droit au profit du nu-propriétaire, sans formalité particulière. La répartition des charges est encadrée par le Code civil. En principe, l’usufruitier assume les dépenses courantes, tandis que les grosses réparations incombent au nu-propriétaire, sauf stipulation contraire prévue dans l’acte.

Effets patrimoniaux et fiscaux du dispositif

Le recours au démembrement permet d’anticiper la transmission tout en maintenant l’usage ou les revenus attachés au bien. Sur le plan fiscal, les droits de donation sont calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété. Cette valorisation dépend de l’âge de l’usufruitier, conformément à l’article 669 du Code général des impôts. Ce mécanisme peut être combiné avec les abattements applicables en matière de donation, notamment l’abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans. Certaines opérations, telle la vente du bien démembré, requièrent toutefois l’accord conjoint de l’usufruitier et du nu-propriétaire. Au décès de l’usufruitier, la réunion de l’usufruit à la nue-propriété s’opère sans taxation supplémentaire, consolidant ainsi l’optimisation de la transmission. Compte tenu de ses incidences civiles et fiscales, l’intervention d’un notaire demeure déterminante afin d’adapter le montage aux objectifs poursuivis et d’en sécuriser la mise en œuvre.

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